Faire un bilan carbone entreprise ne suffit pas toujours à améliorer son score EcoVadis. Méthode, scope 1-2-3, outils et financement BPI : le guide complet pour transformer votre bilan GES en véritable levier de notation.



Faire un bilan carbone entreprise ne suffit pas toujours à améliorer son score EcoVadis. Méthode, scope 1-2-3, outils et financement BPI : le guide complet pour transformer votre bilan GES en véritable levier de notation.
Vous avez lancé votre démarche EcoVadis. Peut-être même décroché une première médaille. Et pourtant, année après année, le critère carbone reste celui qui coince — celui sur lequel vous répondez à moitié, avec des estimations approximatives glanées ici et là.
C'est une situation qu'on croise très souvent chez les PME et ETI françaises : la démarche RSE est bien enclenchée, mais le bilan carbone entreprise reste le chaînon manquant. Or ce n'est pas un hasard si EcoVadis y accorde une telle importance — les émissions de gaz à effet de serre sont devenues l'un des indicateurs les plus regardés, autant par la plateforme que par vos clients et donneurs d'ordre.
Faire un bilan carbone entreprise n'est donc plus seulement une case réglementaire à cocher. C'est un des leviers les plus directs pour transformer votre engagement RSE en résultat mesurable — sur votre notation, sur vos appels d'offres, et sur la confiance que vous inspirez à vos parties prenantes.
« Notre objectif, c'est de faire en sorte que la RSE soit un outil de performance pour votre entreprise. » — Nicolas Beslin, associé Altopi
Dans cet article, on reprend la méthode présentée lors de notre dernier webinaire pour vous aider à réussir votre bilan carbone et à le transformer en véritable atout pour votre notation EcoVadis.
Le bilan carbone, c'est l'évaluation, sur une période donnée — généralement une année fiscale —, de la quantité de gaz à effet de serre émise par les activités d'une entreprise. Et on dit bien "gaz à effet de serre" au pluriel : le calcul prend en compte l'ensemble des gaz (méthane, protoxyde d'azote, etc.), pas uniquement le CO₂, même si c'est lui qui donne son nom à l'exercice par abus de langage.
Ce calcul s'appuie sur les différents postes d'émission liés à l'activité de l'entreprise : les postes à responsabilité directe (consommation de carburant, procédés industriels) et tous les postes dont l'activité dépend indirectement — achats de biens et services, transport, déplacements, gestion des déchets, etc. Au total, un bilan carbone complet se répartit sur neuf grands postes d'émission.
C'est là que beaucoup d'entreprises se perdent, et c'est une des questions qui revient le plus souvent en webinaire. Il existe en réalité quatre référentiels principaux :
Bonne nouvelle si vous n'êtes pas concerné par l'obligation réglementaire des 4 ans : rien ne vous empêche de réaliser un bilan carbone volontaire — et c'est même recommandé si vous visez EcoVadis, qui attend une mesure annuelle, pas triennale.
Au-delà de l'obligation réglementaire, cinq enjeux concrets poussent aujourd'hui les PME et ETI à passer à l'action :
« Le bilan carbone, c'est un indicateur de référence et assez simple à demander [dans les appels d'offres]. » — Clément, expert RSE Altopi
Un bilan carbone réussi suit toujours la même mécanique, en cinq étapes.
Étape 1 — Engager les parties prenantes. C'est l'étape la plus souvent sous-estimée. Sans un kick-off clair impliquant la direction, sans communication régulière sur l'avancement, le projet s'essouffle — manque de temps, manque de sens, absence de pilotage. Prévoyez un point de suivi régulier (hebdomadaire ou bimensuel) et anticipez la charge de travail de chaque contributeur.
Étape 2 — Cadrer et identifier les données. Définissez votre périmètre temporel (l'année fiscale), votre périmètre de calcul (une entité, un groupe entier, avec ou sans filiales), puis cartographiez tous les flux dont dépend votre activité.
C'est ici qu'interviennent les fameux scopes :
Étape 3 — Collecter les données. La phase la plus longue. Désignez un référent par flux de données, fixez une date limite claire, et vérifiez systématiquement la cohérence des unités (un simple kWh confondu avec un MWh peut fausser tout un calcul).
Étape 4 — Calculer. Le principe est simple : on multiplie chaque donnée d'activité collectée par un facteur d'émission pour obtenir un équivalent CO₂. La difficulté n'est pas dans la formule, mais dans le volume de données à traiter. Un point de rigueur essentiel : privilégier au maximum les données physiques (kilomètres, kWh, kilos) plutôt que les données monétaires. Un facteur d'émission "par euro dépensé" est beaucoup moins fiable — le prix d'un billet de train peut varier du simple au triple pour un trajet identique, alors que la distance parcourue, elle, ne varie pas.
Étape 5 — Réduire. L'étape la plus importante : définir une trajectoire carbone (par exemple s'aligner sur les objectifs de l'Accord de Paris), identifier les leviers de réduction poste par poste, chiffrer l'impact de chaque action, puis prioriser et suivre leur mise en œuvre dans le temps.
Pour cadrer cette démarche de bout en bout, un accompagnement en conseil RSE ou un pilotage RSE structuré fait souvent la différence entre un bilan carbone qui reste un fichier Excel et un bilan carbone qui pilote réellement votre stratégie.

C'est le lien que beaucoup d'entreprises n'exploitent pas assez : un bilan carbone bien mené nourrit directement plusieurs volets de votre questionnaire EcoVadis.
À noter, pour rester précis : le volet carbone n'impacte pas directement la note globale EcoVadis sur 100. Il alimente une évaluation carbone spécifique (positionnement moyen/fort/etc.), associée à votre fiche, et qui est de plus en plus consultée directement par vos clients et fournisseurs. Autrement dit : même sans effet mécanique sur la note globale, c'est un élément de plus en plus scruté dans la relation commerciale.
👉 Pour aller plus loin sur la structuration de vos preuves EcoVadis, consultez notre page Notation EcoVadis — ou, si votre enjeu est de formaliser l'ensemble de votre démarche, notre solution Rapport RSE.
Un bon outil de calcul d'empreinte carbone doit cocher plusieurs cases :
« Un logiciel ne va pas collecter l'information à votre place. » — Nicolas Beslin
C'est le point sur lequel on met le plus en garde nos clients : méfiez-vous des promesses de bilan carbone "en un clic". Dans la grande majorité des cas, cela signifie un calcul basé exclusivement sur des données monétaires — rapide, mais fondamentalement fragile, et facilement remis en question par vos parties prenantes.
Un logiciel ne collecte pas la donnée à votre place, et l'intelligence artificielle peut vous suggérer des pistes de trajectoire carbone, mais c'est votre connaissance fine de votre métier qui permettra d'identifier les actions réellement pertinentes — et surtout, réellement réalisables. C'est pour cette raison que l'accompagnement humain (kick-off, points de collecte réguliers, vérification de cohérence des données) reste, en pratique, ce qui fait la différence entre un bilan carbone exploitable et un simple chiffre affiché sur un tableau de bord.
Besoin d'un expert RSE pour cadrer votre première démarche ou fiabiliser un bilan déjà réalisé en interne ? C'est précisément là qu'un accompagnement dédié prend tout son sens.
Prenons l'exemple de Lebeurre, fabricant de vêtements de travail que nous avons accompagné sur son bilan carbone. Le profil d'émissions de cette entreprise est assez révélateur de ce que l'on observe souvent dans l'industrie textile :
Sur la base de ce diagnostic, un plan d'action concret a été construit avec le client :
C'est un bon exemple de ce que révèle systématiquement un bilan carbone bien mené : les postes les plus impactants ne sont pas toujours ceux auxquels on pense spontanément (l'énergie du site, dans ce cas, ne représentait qu'une part marginale) — et c'est justement ce diagnostic précis qui permet de prioriser les bonnes actions plutôt que de disperser ses efforts.


Le frein budgétaire est souvent la première objection des PME face à leur premier bilan carbone. Or un dispositif existe précisément pour ça : le Diag Décarbon'Action, porté par la BPI.
Ce dispositif s'adresse aux PME qui réalisent leur premier bilan carbone, avec une prise en charge pouvant aller jusqu'à 4 000 €. Concrètement, ce financement permet de couvrir :
C'est une action forte de l'État pour lever le frein financier à la décarbonation des PME et ETI. Altopi est partenaire de ce programme porté par la BPI, et peut vous accompagner à la fois sur l'éligibilité et sur la réalisation du bilan carbone financé.
👉 Envie de savoir si vous êtes éligible au Diag Décarbon'Action ? Contactez-nous pour un premier échange.
Quel est le taux d'incertitude acceptable pour un bilan carbone ?
Un bilan carbone comporte toujours une part d'incertitude, liée à la nature des données collectées (physiques vs monétaires notamment). Il n'existe pas un seuil unique universel : l'enjeu est surtout de documenter et de réduire progressivement cette incertitude d'un exercice à l'autre, en priorisant les données les plus fiables sur les postes les plus émetteurs.
À quelle fréquence faut-il mettre à jour son bilan carbone ?
Cela dépend de votre objectif. Le Bilan GES réglementaire impose une publication tous les 4 ans pour les entreprises concernées. Mais si vous visez EcoVadis, la plateforme valorise une mesure annuelle, suivie sur trois ans — un rythme plus exigeant, mais qui construit une vraie trajectoire dans le temps plutôt qu'une photo isolée.
Faut-il prendre en compte toute la composition d'un produit ou seulement sa matière principale ?
Dans l'idéal, l'ensemble de la composition doit être pris en compte pour la robustesse du calcul, car chaque matière a son propre facteur d'émission. En pratique, on peut prioriser les matières les plus significatives en volume ou en impact, en particulier lors d'un premier exercice.
Le choix de matières recyclées a-t-il un impact réel sur le calcul des GES ?
Oui, très concrètement. Le facteur d'émission d'un polyester recyclé, par exemple, est nettement inférieur à celui d'un polyester vierge, puisque le recyclage nécessite moins de matière première initiale.
Doit-on comptabiliser l'acheminement des matières premières depuis le fournisseur, ou seulement depuis l'usine ?
La convention retenue est généralement de comptabiliser le transport depuis le fournisseur jusqu'à votre site. Idéalement, la donnée doit être obtenue directement auprès de votre fournisseur ; à défaut, on s'appuie sur des données génériques issues des bases de référence (Base Empreinte, Ecoinvent, Agribalise...).
Combien coûte un bilan carbone pour une entreprise ?
Le prix varie fortement selon la taille de l'entreprise, la complexité de ses flux (scope 3 notamment) et le niveau d'accompagnement souhaité. C'est aussi pour cette raison que le Diag Décarbon'Action (voir chapitre 8) est particulièrement intéressant pour un premier bilan carbone : il permet d'en financer une part significative.
Un bilan carbone bien mené n'est pas une contrainte de plus dans votre démarche EcoVadis : c'est souvent le levier qui débloque le plus de points, parce qu'il répond directement à la fois à votre politique environnementale, à vos mesures et à votre reporting.
Vous voulez réaliser votre bilan carbone et le transformer en atout EcoVadis ? Contactez Altopi pour un premier échange — et vérifions ensemble votre éligibilité au financement Diag Décarbon'Action (jusqu'à 4 000 € pris en charge par la BPI).